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enverrai un exemplaire. Dans les éditions suivantes, il pourra parler de moi, car je reprends avec plus de vigueur que mes prédécesseurs cette thèse étrange, et son livre, qui a paru à Paris, chez Cherbuliez le libraire, correspondant de la Suisse Romande et de la Belgique, et à Genève, dans la même librairie, me fera connaître indirectement en France. C’est une affaire de temps. Quand vous m’enverrez les exemplaires, vous m’en ferez parvenir 20, ils suffiront.

T. A. V.

I. Ducasse


V

À MONSIEUR VERBOECKHOVEN.

Paris, 21 février 1870.

Monsieur,

Auriez-vous la bonté de m’envoyer Le supplément aux poésies de Baudelaire. Je vous envoie ci-inclus 2 f., le prix, en timbres de la poste. Pourvu que ce soit le plus tôt possible, parce que j’en aurais besoin pour un ouvrage dont je parle plus bas.

J’ai l’honneur etc.

I. Ducasse,
Faubourg-Montmartre, 32.

Lacroix a-t-il cédé l’édition ou qu’en a-t-il fait ? Ou, l’avez-vous refusée ? Il ne m’en a rien dit. Je ne l’ai pas vu depuis lors. — Vous savez, j’ai renié mon passé. Je ne chante plus que l’espoir ; mais, pour cela, il faut d’abord attaquer le doute de ce siècle (mélancolies, tristesses, douleurs, désespoirs, hennissements lugubres, méchancetés artificielles, orgueils puérils, malédictions cocasses etc., etc.). Dans un ouvrage que je porterai à Lacroix aux Iers jours de Mars, je prends à part les plus belles poésies de Lamartine, de Victor Hugo, d’Alfred de Musset, de Byron et de Baudelaire, et je les corrige dans le sens de l’espoir ; j’indique comment il aurait fallu faire. J’y corrige en même temps 6 pièces des plus mauvaises de mon sacré bouquin.