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teurs, les flammes à hampe do la milice byzantine agissaient de même. Suivant les

temps, la sémantique et la téléphonie ont été les accessoires de la céleustique ou ont fonctionné à côté d’elle. Ainsi primitivement, quand les armées étaient faibles ou massées, •in drapeau faisait des signaux et les voix en répétaient les injonctions. Quand les enseignes et les flammes à hampe se sont multipliées, c’étaient leurs mouvements qui indiquaient aux troupes trop distantes de leur chef quelles étaient les évolutions à exécuter. Les hérauts de la première et de la seconde race abaissaient à terre la bannière royale qiuind, dans une affaire vive, la personne du monarque était en danger. Ce signal équivalait au cri : o À la rescousse ! » Les signaux de la canne du tambour-major, les signaux ou mouvements d’épée, qui suspendent les batteries ou les annoncent, les sémaphores, la télégraphie militaire sont les moyens de sémantique actuelle. On a beaucoup reproché à l’ait militaire moderne d’avoir renoncé aux ressources et au concours de la sémantique dans les exercices d’infanterie.

SÉMANTRON s. m. (sé-man-tron — du gr. sèmainô, je donne le signal). Liturg. Instrument de percussion dont les Grecs modernes se servent, au lieu de cloches, dans les | ays où l’usage de ces dernières leur a été interdit par les Turcs.

SEMAO ou S1MAO, lie de l’Océanie, dans la Malaisie, archipel de la Sonde, près de l’extrémité S.-O. de l’Ile de Timor. Elle mesure 35 kilom. du N. au S., sur 15 de l’K. À 10. Sol peu élevé et couvert de bois et de plantations de maïs. Le détroit qui sépare cette lie de Timor est peu large, mais profond et offre un abri sûr aux navires contre les moussons de l’ouest.

SÉMAPHORE s. m. (sé-ma-fo-re — du gr. sema, signe ; phoros, qui porte). Sorte de télégraphe aérien, établi sur la côte poursignaler les navires en vue et correspondre avec eux.

— s. f. Entom. Genre d’insectes lépidoptères nocturnes, de la tribu des noctuélides, comprenant trois espèces, qui habitent l’Europe.

SÉMAPHOR1QUE adj. (sé-ma-fo-ri-kerad. sémaphore). Mar. Qui a rapport au sémaphore : Signaux sémaphoriques.

SEMAQUE s. f. (se-ma-ke). Navig. V. SE MAI.K.

SÉMARILLAIRE s. m. (sé-ma-ril-lè-redu gr. sema, signe, et du lat. arillus, arille). Bot. Syn. de paullinia.

. SÉMAS1E s. f. (se ina-zî — du gr. sémasia, marque). Entom. Genre d’insectes lépidoptères nocturnes, de la tribu des tortrices.

SÉMATURE s. f. (sé-ma-tu-re — du gr. sema, signe ; aura, queue). Entom. Genre d’insectes lépidoptères, de la tribu des nyctalides.

SEMBELLA s. f. (san-bèl-la). Métrol. rom. Petite monnaie d’argent qui valait la moitié d’un as.

SEMBLABLE adj. (san-bla-ble — rad. sembler). Pareil, analogue, de même espèce ; qui ressemble, qui semble de même nature, de même qualité, de même forme : Ces deux choses sont semblables, tout à fait semblables. Il me fit tels et tels discours, et autres semblables. Il y a peu de cas entièrement sumblabliss. (Acad.) Tous les hommes sont semblables par les paroles, et ce n’est que 1rs actions qui les découvrent différants. (Mol.) Quoique différentes portions d’un même métal soient semblables par les qualités que nous leur connaissons, il ne s’ensuit pas qu’elles le soient par celles gui nous restent à connaître. (Condill.) Tous les hommes naissent avec des facultés semblables, bien qu’inégales. (Guizot.)

— Tel, de cette espèce, de cette nature : Il ne s’est jamais rien vu de semblable. (Acad.) /amais, en aucun lieu ni à aucune époque, les hommes n’ont eu de semblable part aux biens de ce monde. (Passy.) Pourquoi, monsieur, vous êlrc mis da : is une semblable position ? (Scribe.)

D’un semblable appareil je n’ai point vu d’exemple.

Racine.

Et pour être approuve !»,

De semblables projets veulent être achevés.

Racine.

Pourquoi donc me donner un semblable conseil ?

— Pourquoi m’en demander sur un sujet pareil ? •

Molière.

Est-celi moi (pie l’on tient de semblables discours ? Tu gagnerais autant a parler a des sourds.

La Fontaine.

Semblable à, Pareil, identique, comparable à : Il n’est pas deux jours de suite semblable a lui-même. (Acad.) Vous voilà blessés comme nous, vous êtes devenus semblables à. nous. (Boss.) Il est dangereux de faire voir à l’homme combien il est semblable aux bêtes, sans lui montrer sa grandeur. (Pasc.) Nous voyons que personne n’est semblable à soi-même et n’embrasse toute sa destinée. (Chateaub.) La jeunesse laisse fuir ses jours sans y penser, semblable à l’insensé qui porte de l’eau dans un crible. (Lemontey.) L’espèce humaine est semblable à la femme de Sganaretle, elle aime à être battue. (J. Janin.) Nous devenons semblables à ceua : que nous fréquentons. (P. Ci-abset.) Les forces qui gouuer-

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nent l’homme sont semblables X celles gui gouvernent la nature. (H. Taine.) L’amour est semblable À l’année, sa plus belle saison est son printemps. (E. Legouvé.) La femme est trop semblable k l’homme pour qu’on lui adresse un culte. (A. Karr.)#

0 raison, seul bien véritable !

Raison, par qui l’homme est semblable

À l’auteur même de son sort I

Feu divin, lumière de l’ame.

Fais luire en moi toujours ta flamme,

Eclaire-moi jusqu’à la mort.

REOWEa-DESMARAIS.

— Géom. Se dit des figures qui ont les angles homologues égaux et les faces ou les côtés homologues proportionnels : Triangles semblables. Pyramides semblables. Figures

SEMBLABLES.

— Algèbre. Quantités semblables, Celles qui contiennent les mêmes lettres affectées des mêmes exposants.

— Stibslantiv. Personne ou chose semblable r C’est un homme qui n’a pas son semblable. (Acad.) La médisance est inspirée aux méchants par te plaisir de trouver des semblables. (Lutena.) Il Homme, animal considéré par rapport aux autres hommes, aux autres animaux de la même espèce : Aucun animal ne dévore son semblable. L’humanité nous oblige à avoir pitié de notre semblable, de nos semblables. (Acad.) L’éducation doit tendre à empêcher que l’amour de soi n’étouffe l’amour de son semblable. (Mme de Grafligny.) Il n’y a pas de satisfaction pareille à celle de rendre son semblable heureux. (Mmed’Epinay.) L’haleine de l’/iommeest mortelle à ses semblables. (J.-J. Rouss.) Aimer ses semblables, c’est l’antidote des passions dévorantes. (Mirab.) L’art le plus nécessaire à l’homme et au citoyen est de savoir vivre avec ses semblables. (J.-J. Rouss.) Quoi qu’il fasse, l’homme est lié à ses semblables, et il ne peut en faire abstraction. (P. Lanfrey.) Tout être qui se reproduit ne saurait produire que son semblable. (J. de Maistre.) L’homme qui vit beaucoup avec ses semblables est forcé de dissimuler son orgueil. (Chateaub.) Une langue est te produit artificiel du besoin que l’homme éprouve de communiquer avec son semblable. (A. Maury.) La vertu n’est qu’une disposition permanente à faire ce gui est utile à nos semblables. (Dumarsais.) Vivre sans nuire à ses semblables et sans les obliger, c’est être dans un état plus voisin du vice que de la vertu. (J. Droz.) L’homme fier estime ses SEMBLABLES, l’orgueilleux les méprise. (De Ségur.) Il n’est pas permis d’àter la vie à son semblable, mais il est toléré de l’empêcher de vivre. (A. d’Houdetot.) L’homme généreux fait encore plus de bien à ses semblables que l’homme juste. (Azaïs.) Notre premier bonheur est de vivre parmi nos semblables. (H. Taine.) L’égoïste est né pour lui seul, l’homme collectif est né pour ses semblables. (Lamart.) L’homme peut aimer son semblable jusqu’à mourir, il ne l’aime pas jusqu’à travailler pour lui. (Proudh.) L’homme se cherche dans son semblable, la femme, et de là résulte l’amour et le mariage. (P. Leroux.) L’homme est un animal sociable ; il n’existe que par rapport à la nature et à ses'semblables. (II. Castille.)

On dit qu’on n’a jamais tous les dons à la fois, Et que les grands esprits, d’ailleurs três-estimaMes, Ont fort peu de talent pour former leurs semblables.

Destouciies.

— s. m. Objet semblable à un autre : Le semblable diffère de l’identique en ce que celui-ci est un.

— Méd. Les semblables se guérissent par les semblables. Adage des homœopathes, d’après lequel les diverses affections feraient guéries par les remèdes qui provoquent des accidents semblables à ceux que produisent les affections elles-mêmes. V. simii.ia similibus CURANTUR.

— 8yn. Semblable, rrssçiutllnilt. V. RESSEMBLANT.

— Semblable, pareil, tel. V. PAREIL.

— Encycl. Géom. V. similitude.

SEMBLABLEMENT adv. (s.irt-bia-ble-man

— rad. semblable). D’une manière semblable : Des êtres semblablement organisés.

— Pareillement, aussi, également : Vous êtes de cet avis, et moi semblablement.

SEMBLANÇAY, bourg de France. V. Sam-

BLANÇAY.

SEMBLANÇAY (Jacques DE Beaune, seigneur DE), surintendant des fiminces sous François Ier, né en 1434, pendu à Montfaiicon le 12 août 1527. Il était fils du Jean de Beaune, argentier, c’est-à-dire trésorier général des finances, de Louis XI et de Charles VIII ; il succéda à son père sous Louis XII, occupa la même charge sous François Ier et sut s’acquérir l’estime du roi par son administration habile autant que par la droiture de son caractère. Renfermé dans les devoirs de sa charge, il les remplissait avec zèle, et vivait au milieu des intrigues des courtisans sans y prendre part. La reine mère, Louise de Savoie, faisait également grand cas de lui et ce fut une complaisance qu’il eut pour elle qui le perdit. À mesure que Semblançay remplissait les caisses du Trésor, Louise de Savoie et François Ier s’ingéniaient à les vider pour satisfaire a leurs fastueuses prodigalités. Lorsque Lautrec, laissé par François Ier

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comme gouverneur du Milanais après la bataile de Marignan, vit sa conquête sur le point de lui échapper en 1521 et le Milanais envahi par les troupes impériales sous les ordres du marquis de Pescaire, le général français déclara ne pouvoir tenir avec une armée qui, depuis plus d’un an, n’avait pas reçu de solde. Vivement sollicité par le roi, il consentit a rester à la tète de l’armée, mais à condition que l’on payerait au moins la solde arriérée des Suisses, qui formaient la partie la plus solide de son infanterie. C’était une somme de 400,000 écus qu’il fallait et François Ier donna l’ordre à son trésorier de les expédier à Lautrec. Seinblançay avait-il ou devait-il avoir en caisse une si grosse Somme ? I ! parait que oui ; mais la plus grande partie était représentée par de simples quittances de la reine mère, à qui il faisait, h l’insu du roi, des avances considérables. Louise de Savoie, qui haïssait Lautrec, parce que celui-ci était le frère de la duchesse de Châteaubriant, maîtresse du roi, et qui voulait le faire remplacer par le bâtard de Savoie, son favori, sachant le pressant besoin où se trouvait son ennemi, avait lié les mains à Semblançay en mettant a. sec le Trésor. Il paraît même qu’elle réussit à se faire donner par lui la somme qu’il avait pu néanmoins réunir pour être envoyée à l’armée, et Semblançay lui céda avec une faiblesse coupable. Lautrec ne reçut rien ; poussé il bout par les Suisses qui lui demandaient congé, argent ou bataille, et n’ayant point d’argent à leur donner, il se décida à tenter un coup décisif et livra intempestivement bataille aux Espagnols qui le battirent à La Bicoque (.’522). Le Alilanais fut perdu.

« Le seigneur de Lautrec, de retour en France, dit Martin du Bellay, si le roy lui feit mauvais accueil, il ne s’en faultestonner, comme à celuy qu’il estimoit avoir par sa faulte perdu son duché de Milan, et ne voulut parler à luy ; mais le seigneur de Lautrec, se voulant justifier, trouva moyen d’aborder le roy, se plaignant du mauvais visage que Sa Majesté luy portoit. Le roy luy feil response qu’il en avoit grande occasion pour luy avoir perdu tel héritage que le duché de Milan. Le seigneur de Lautrec luy feit response que c’esloit Sa Majesté qui l’avoit perdu, non luy, et que, par plusieurs t’ois, il l’avoit adverty que s’il n’estoit secouru d’argent, il cognoissoit qu’il n’y avoit plus d’ordre (de possibilité) d’arrester la gendarmerie, laquelle avoit servy dix-huiet mois sans toucher deniers, et jusques à l’extrémité, et pareillement les Suisses, qui mesmes l’avoient contraint de combattre à son désavantage, ce qu’ils n’eussent faict s’ils eussent eu paiement. Sa Majesté luy répliqua qu’il avoit envoyé 400,000 escus alors qu’il les demanda. Le seigneur de Lautrec luy feit response n’avoir jamais eu ladite somma ; bien avoit-il eu lettres de Sa Majesté par lesquelles il luy escrivoit qu’il luy envoieroit ladite somme.

■ Sur ces propos, le seigneur de Semblançay, surintendant des finances de France, fut mandé, lequel advoua en avoir eu le commandement, mais qu’estant ladite somme

preste à envoyer, madame la régente, inère de Sa Majesté, avoit prins ladite somme de 400,000 oscus, et qu’il en feroit foi sur-lechamp. Sur quoy le roy alla en la chambre de ladite dame avec un visage courroucé, se plaignant du tort qu’elle luy avoit faict d’estre cause de la perle dudit duché, chose qu’il n’eût jamais estimé d’elle, que d’avoir retenu ses deniers qui avoient esté ordonnez pour le secours de ton urinée. Elle s’excusant dudit faict, fut mandé ledit seigneur de Semblançay, qui maintint son dire estre vrai ; mais elle dit que c’estoient deniers que ledit seigneur de Semblançay lui avoit de long temps gardez, procédant de l’espargne qu’elle avoit faict de son revenu.

« Sur ce différend, furent ordonnez commissaires pour décider ceste dispute ; mais lo chancelier Duprat, de long temps mal mis avec ledit seigneur de Semblançay, jaloux de sa faveur et de l’auetorké qu’il avoit sur les finances, voyant que Madame estoit redevable audit seigneur de Seinblançay, et non luy à elle, avant que souffrir ce différend estre terminé, meit le roy en jeu contre ledit seigneur de Semblançay et luy bailla juges et commissaires choisis pour luy faire son procez. « Ce procès eut deux phases ; instruit d’abord au civil en 1524, il provoqua une reddition de comptes du trésorier qui parvint à établir que le roi lui était redevable de 300,000 livres, somme qui lui fut allouée par les juges, malgré sa disgrâce et le mal que se donna la reine mère pour faire condamner le trop confiant Semblançay. Elle avait adroitement tiré son épingle du jeu en faisant soustraire au trésorier par un de ses commis, René Gentil, qui plus tard fut pendu pour ce fait, toutes les quittances qu’elle lui avait antérieurement remises. Malgré tout, Semblançay était encore reconnu créancier de l’État. Pour.ne pas le payer, on lui intenta un second procès, au criminel, sous l’accusation vague de péculat. Après la bataille de Pavie et alors que le roi était prisonnier à Madrid, Louise de Savoie, régente, fit jeter Semblançay à la Bastille et ordonna au chancelier Duprat de le faire condamner. Duprat s’acquitta de sa lâche en conscience, réunit un tribunal entièrement à sa dévotion, composé de membres triés avec soin dans les parlements de Pari’-, de Tmilouse et de Bot SEMB

deaux, et ce tribunal, jugeant sur les mêmes pièces que le précédent, reconnut, au contraire, que c’était Semblançay qui devait au roi les 300,000 livres. Ce tribunal avait mis deux ans à éclairer sa religion, car ce fut seulement en 1527 qu’il rendit un arrêt par lequel « Jacques de Beaune, atteint et convaincu de larcins, faussetés, abus, malversations et maie administration des finance»- du roi, pour réparation desdits crimes et délits, estoit déclaré privé de tous honneurs et états et, en outre, condamné à être pondu et étranglé à Montfaucon, tous ses biens, meubles et héritages confisqués, sur lesquels biens seroit prise la somme de 300,000 livres parisis, pour restitution des sommes par ses fuussetés mal prises par ledit Jacques de Beaune sur les finances du roi, et ce sans préjudice de la dette prétendue par Madame, mère du roi. » Ce jugement inique reçut son exécution le 12 août 1527. Semblançay, amené à Muntfuiicon sur une mule, à cause de son grand âge (il avait soixante-douze nus), montra une contenance ferme ; on lui fit attendre le supplice de une heure après midi à sept heures du soir, non par cruauté, mais parce qu’on compta jusqu’àu dernier moment sur la clémence royale. Malgré la défaveur qui a toujours entouré, sous l’ancienne monarchie, les surintendants des finances, Semblançay était devenu sympathique au peuple depuis sa condamnation et le roi craignait une sédition. Il n’y en eut pas, mais une grande fouie vint assister à Montfaucon aux derniers moments du vieillard. Clément Marot a parlé de cette exécution dans une de ses épigratnmes : Lorsque Maillart, juge d’enfer, menoit À Montfaucon Semblançay l’âme rendre, A votre advis, lequel des deux tenoit Meilleur maintien ? Pour vous le faire entendre, Maillart sembloit homme que mort va prendre Et Semblançay fut si ferme vieillard Que l’on cuidoit pour vray qu’il menast pendre À Montfaucon le lieutenant Maillart. Deux ans après la mort de Semblançay, sa mémoire reçut une demi-réhabilitation. Le commis qui avait volé les quittances de la reine mère ayant été découvert et pendu, l’arrêt de confiscation fut annulé et les b : ens du trésorier furent rendus à son petit-fils, Jacques de Beaune, père de la baronne de Sauve.

SEMBLANCE s. f, (san-blan-se — rad. sembler). Ressemblance, apparence d’une chose : // me semble que vous deviez vous contenter que votre fille fût faite à son image et semblante. (M™e de Sév.) il Vieux mot !

SEMBLANT s. m. (san-blan — rad. sembler). Feinte, faux air, apparence affectée : Ueau Semblant. Faux semblant. Il m’a trahi sous un semblant d’amitié, sous un faux semblant d’amitié. Cet homme n’a pas un véritable courage, it n’en a que le semblant. S’il ne m’aime pas, du moins il en fait le semblant, tous les semblants. (Acad.) Ceux que l’homme injuste veut opprimer, il les attire dans ses filets par des paroles douces et par tous les semblants de l’amitié. (Mass.) Les amitiés féminines et les protestations de dévouement qui les accompagnent ne sont souvent que de faux semblants. (Mme Romieu.) En feuilletant quelques dictionnaires, un s’est donné à peu de frais un semblant de philologie contemporaine. (Renan.) Courtisan plus encore que ministre, M. Mole sacrifiait sans hésitation aux ombrages du despotisme les dernières garanties d’un sf.mblant de liberté. (T. Delord.)

S’entr’aider, se chérir, croire ta des cœurs fidèles, Voir en des yeux amis briller des étincelles. Ce sont des faux semblants auxquels je n’ai plus fol. Sainte-Ueuve.

— Démonstration qui est ou peut être trompeuse : Le temps parait vouloir se mettre au beau, mais ce n’est peut-être qu’un semblant. Le dedans de mes mains ne fait aucun semblant de vouloir se désenfler. (Mme de Sév.)

Faire semblant, Feindre : Faire semblant de dormir. Il faisait semblant d’être fâché. Il faisait semblant de ne pas entendre ce qu’on lui disait. Le renard fait quelquefois semblant d’être mort. Il fit semblant de s’en aller. Faites semblant qu’on vous er, a prié. (Acad.) Il faut glisser sur bien des pensées et faire semblant de ne pas les voir. (Mme de Grignan.) On cherchait une vaine consolation en faisant semblant de mépriser des maux qu’on n’était pas capable de vaincre. (Mass.) Il faut laisser les petits critiques qui font semblant de s’effaroucher de tout ce qui est nouveau. (Volt.)

— Sembler, paraître : La vieille société fait semblant de vivre et n’en est pas moins à l’agonie. (Chateaub.)

— Fam. Ne faire semblant de rien, Prendre un air indifférent, avoir attention a ne rien dire, à ne rien faire qui puisse donner à connaître ce que l’on pense, le dessein qu’on a : Si vous voulez réussir dans cette affaire, me faites semblant de rien. Observez ce qui se passe, sans faire semblant de rien. (Acad.)

— Syn. Semblant (foire), Ceindre, (fmtilcr.

V. FEINDRE.

SEMBLÉPHILE s. m. (san-blé-fi-Ie —de semblis, et du gr, philos, qui aime). Entom, Syn. de philantiie.

Sembler v. n. ou intr. (san-blé — latin