Ouvrir le menu principal

Page:Laprade - Les Symphonies - Idylles héroïques, Lévy, 1862.djvu/94

Cette page n’a pas encore été corrigée


Tu n’as pas de soupçons, pas de haine à souffler ;
L’âme en te respirant se console et s’épure ;
Tes pleurs sur notre front tombent sans le brûler.

D’un lien éternel quoique tu nous enchaînes,
Jamais l’injuste ennui n’en alourdit le poids :
Amour doux à porter comme l’ombre des chênes
Dans ces chères-prisons que je demande aux bois !



ADMÈTE


La forêt n’a d’ombrage et de grottes profondes
Que pour donner asile aux amours vagabondes.
Pour qui tous ces parfums et tous ces nids charmants,
Nature, s’ils ne sont pour les heureux amants ?
Qu’importeraient les fleurs si d’une bien-aimée
Nul n’en venait tresser la couronne embaumée I
Pourquoi la mousse épaisse et la-fraîcheur des eaux ?
Pourquoi les voix de l’onde et le chant des oiseaux,
Si, de hêtres touffus discrètement couverte,
La couche au fond des bois devait rester déserte ?
Si lé flot qui murmure autour des verts tapis
N’y berce mollement des couples assoupis ;
Et si l’oiseau d’amour par son chant plus sonore
Pour des baisers nouveaux ne les réveille encore,
Tandis que l’air chargé d’enivrantes odeurs
De leur lèvre altérée avive les ardeurs ?