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II. ÉTÉ

 


LE ROSSIGNOL


Dans un buisson de roses
Mon nid fut bien caché ;
Mais, sous les fleurs écloses,
Amour m’a déniché.

Il courut au bocage,
Léger et triomphant.
J’eus pour première cage
Les doigts du bel enfant.

J’ai reçu la becquée
Sur le bout de son dard ;
Ma langue y fut piquée
Par le dieu babillard.

Aussi ma voix subtile,
En tout cœur, dès ce jour,
S’insinue et distille
Un doux venin d’amour,

Et ma gorge en délire,
Dans ses brillants fredons,