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Page:Laprade - Les Symphonies - Idylles héroïques, Lévy, 1862.djvu/384

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Tel, dans la région,des stoïques pensées,
Le héros s’est vêtu de ses splendeurs glacées ;
A voir ce front serein
Pareil aux pics blanchis, sans larme et sans murmure,
On a cru que l’amour glissait comme l’injure
Sur cet homme d’airain.

Mais que le vrai rayon vienne effleurer cette âme
Qu’un dessein généreux colore de sa flamme
Ce front indifférent,
Et vous verrez la neige en flot d’azur se fondre,
Vous entendrez ce cœur éclater et répondre
Au fracas du torrent.

Et le grand fleuve ira susciter toute chose ;
Plainte ou joie, éveillant sur les bords qu’il arrose
Mille échos assoupis ;
Et l’âme s’épandra sur les âmes prochaines,
Douce et terrible ; ici, faisant crouler les chênes,
Là, germer les épis.