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Page:Laprade - Les Symphonies - Idylles héroïques, Lévy, 1862.djvu/337

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Depuis l’adieu cruel, tout prêt, malgré ses larmes,
Attendant le signal, et la main sur ses armes,
Il erra sur ces monts, dans cet heureux séjour
Abri de son exil, consacré par l’amour.
Maintenant, sous le casque et l’aigrette flottante,
Passant de la bataille aux rêves de la tente,
Chef austère, il berçait, dans le repos des soirs,
Ses tendres souvenirs avec ses grands espoirs.
Le fourreau d’acier sonne et bat contre sa cuisse ;
Il marche en vous rêvant, forêts, beaux lacs de Suisse ;
Assis, sans desserrer l’écharpe de ses flancs,
Il fait courir la plume entre ses doigts tremblants ;
Il pleure, et, tout à coup, s’interrompant d’écrire,
Il écoute, il répond de la voix, du sourire.
Puis, au lever du jour, debout sur le rempart,
Il suit longtemps du cœur un messager qui part.



LE MESSAGE


Il passe au galop sur la neige,
Dans le steppe il va, nuit et jour ;
Il est parti… Dieu le protège !
Il passe au galop sur la neige,
L’ardent message de l’amour.

Il va, sans souci des étoiles,
Malgré l’effroi des matelots ;