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Page:Laprade - Les Symphonies - Idylles héroïques, Lévy, 1862.djvu/331

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KONRAD


Où cherches-tu le ciel, nous l’avons dans nos âmes !
Ici point de regrets ou d’espoirs superflus ;
Le passé, l’avenir, c’est l’heure où nous aimâmes…
Pour mon cœur, désormais, le temps n’existe plus.

Restons ici ! je veux éterniser cette heure.
Dans l’ivresse et la paix du bonheur assuré,
Je veux, à notre amour, bâtir une demeure
Sur la cime où par toi je fus transfiguré.



LE VENT DU CIEL


Passez, le vent du ciel emporte encor ce rêve.
Toute paix, ici-bas, n’est qu’un moment de trêve.
L’amour habite ailleurs ;
Nul n’a bâti son temple et fixé son extase.
Partez, mais conservez le feu qui vous embrase
Pour un monde meilleur.

Je vous ramène à l’œuvre à qui Dieu vous envoie.
Reprenez le fardeau, chacun sur votre voie ;
Marchez-y sans remord.
Vous savez bien qu’un soir je dois venir encore
Vous enlever tous deux vers l’ineffable aurore,
Dans les bras de la mort.