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Page:Laprade - Les Symphonies - Idylles héroïques, Lévy, 1862.djvu/315

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BÉATRIX


Il est d’heureux devoirs, s’il en est de sévères.
Nul, sans qu’une fleur brille au bord de son chemin,
N’a marché vers le ciel même sur nos calvaires.

La terre a son Éden permis au cœur humain,
Où chaque brise apporte à l’âme une caresse ;
Moi, qui l’ai traversé, je vous y tends la main.

Donnez une heure encore à sa féconde ivresse.
La douleur, devant Dieu, n’a toute sa beauté
Que dans l’homme, investi de force et de tendresse,

Qui connaît le plaisir et qui l’a rejeté.
Vous, donc, que Dieu destine à son amer calice,
Allez, dans mes jardins, sourire en liberté,

Allez parer vos cœurs avant le sacrifice.



VOIX DE LA TERRE


Goûtez à tous mes fruits ! des plaines aux vallons,
Glanez sur les hauts lieux, à tous mes échelons,
A travers l’ombre, ou dans les flammes.
En marchant vers demain, jouissez d’aujourd’hui !