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Page:Laprade - Les Symphonies - Idylles héroïques, Lévy, 1862.djvu/237

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Et le mol éventail que le zéphyr balance
M’endort sur le velours des gazons odorants.



LES LACS DES MONTAGNES


Monte encore, et sur les faîtes
Cherche, à l’orient vermeil,
Des voluptés plus parfaites
Que l’oubli dans le sommeil.
Ton âme, en nos flots trempée,
Comme l’acier de l’épée,
Doit flamboyer au soleil.

L’argent de ma zone blanche
Encadre mon bleu miroir ;
Le ciel est proche et se penche
Sur l’eau sans plis pour s’y voir.
Mon sein, des chastes fontaines
Qui vont jaillir dans vos plaines,
Est le profond réservoir.

Déjà ton pied qui s’allège
A dépassé les grands bois ;
Viens vers la coupe de neige
Où s’abreuvent les chamois ;
Jamais une main grossière,
Jamais l’homme et sa poussière
N’ont souillé l’onde où tu bois.