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Page:Laprade - Les Symphonies - Idylles héroïques, Lévy, 1862.djvu/221

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Triomphez donc, ô vous, qui gardez pour enseigne
Le sanglant labarum à l’amour confié ;
Les temps ne verront pas la fin de votre règne :
Tout l’univers est plein du grand crucifié.

Ilss sont morts ! ils sont morts avec leur allégresse,
Ces dieux qu’un monde enfant adorait en sa fleur ;
Ils ne revivront plus dans les marbres de Grèce :
La croix est immortelle ainsi que la douleur.

Fais-moi donc adorer cette loi qui nous lie
Au gibet où ton fils monte encor chaque jour ;
Donne-moi d’en chérir la sublime folie,
Et d’épouser la croix comme un dernier amour ;

Car il n’est ici-bas qu’un seul bonheur paisible,
Qu’on trouve au sein des maux librement acceptés :
C’est l’extase où les cœurs, épris de l’invisible,
Se font de leurs tourments de saintes voluptés.