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J’oublie, au fond des bois, toutes mes lassitudes,
Et, plus haut j’ai gravi, plus je m’y sens léger.

Cime du monde alpestre et cime de mon âme,
Je m’élance vers toi qui touches l’infini !
Tes pieds plongent en vain dans notre monde infâme,
Sur ton front l’idéal ne sera pas terni.

A ta base, ô grand mont, tout s’agite et tout change ;
Les neiges et les fleurs s’y fondent sous nos pas ;
Mais tout peut s’écrouler dans notre humaine fange,
Ton sommet radieux ne s’abaissera pas.