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Page:Laprade - Les Symphonies - Idylles héroïques, Lévy, 1862.djvu/173

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Pendant les nuits sombres
De ce mois glacé,
Va sur les décombres
Et songe au passé ;
Marche avec nos ombres,
O cœur harassé !



FANTÔME


Tu me revois avec surprise,
Tu pensais m’avoir oublié ;
Mais ne crois pas que la mort brise
La chaîne dont tu m’as lié.

Tu veux douter, cacher, peut-être,
Ton effroi sous un air moqueur…
Mais il faut bien me reconnaître
A ces blessures de mon cœur.

Tu sais quelles mains les a faites,
Tu les vis trop souvent saigner.
Ce n’est plus l’heure où, dans les fêtes,
Tu peux fuir et me dédaigner.

Mes larmes s’échappent encore…
Et cependant, même aujourd’hui
Comme autrefois je les dévore,
Pour t’exempter de leur ennui.