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ÉDITH


Oui, je veux les revoir avant des jours plus sombres,
Avant que sous mes pas le sol en soit glacé ;
Des choses que j’aimais j’aime encor les décombres,
Et, dès longtemps, mon cœur habite le passé.
J’attache à ses débris mon regard qui s’épure ;
J’y vois fleurir encor mes printemps révolus,
Et, dans tes mille voix, je démêle, ô Nature,
Et j’écoute parler les temps qui ne sont plus.


IV ― VOIX DES RUINES

 


LE DONJON


Il s’est écroulé sur sa base antique
Le toit des aïeux, le toit rude et fier
Où l’honneur venait, d’une main rustique,
Pendre et la faucille et l’épieu de fer.

Il s’est écroulé sous des bras serviles !
Et, du vieux granit pris à ta maison,
D’obscurs étrangers pour des œuvres viles
Ont.bâti des murs sans forme et sans nom.

Et toi, tu t’en vas sur la route adverse,
Vivant sous la tente, éphémère abri,