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Page:Laprade - Les Symphonies - Idylles héroïques, Lévy, 1862.djvu/121

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La vie autour de moi fourmille ;
Elle coule avec les ruisseaux.
J’abrite une immense famille ;
Un peuple entier vit sous mes eaux.

Sous chaque roche un hôte habite.
Là, dans l’ombre et dans la fraîcheur,
Le saumon, l’anguille et la truite
Invitent la main du pécheur.

De mes bords chérissant la zone,
Les arbres croissent par milliers ;
Le merle bleu si file sur l’aune,
Le vent berce les peupliers.

Toute chose que Dieu féconde,
Prête à chanter, prête à fleurir,
Aime le vif accent de l’onde,
Aime à voir le ruisseau courir.

Quand de la ruche printanière
L’essaim s’est échappé dans l’air,
Il vole, au bruit de la rivière,
Vers le frêne au feuillage clair.

Ma rive a d’heureuses retraites
Où s’échangent de longs serments ;