Page:Laprade - Les Symphonies - Idylles héroïques, Lévy, 1862.djvu/111

Cette page n’a pas encore été corrigée



I

Symphonie du Torrent


À mon ami A. Brizeux.


 


LE POÈTE


O naturel en ton sein où l’ennui me ramène,
Je sens une âme triste ainsi que l’âme humaine ;
Tu gémis : c’est pourquoi je t’apporte mon cœur.
Toi, du moins, tu n’as pas de sourire moqueur,
Jamais ton doux regard ne lance l’ironie,
Et ton front porte haut sa tristesse infinie.
L’homme croit se guérir s’il peut cacher son mal ;
La froide raillerie est son masque banal.
Mais toi, dans la douleur, tu restes calme et vraie ;
Tu n’as pas dans les yeux ce rire qui m’effraie ;