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Page:Laprade - Les Symphonies - Idylles héroïques, Lévy, 1862.djvu/102

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Et ce bruit douloureux reste, éternellement ;
Le son que rend la vie.

Le sort frappe ses coups ; plus riche est le métal,
Plus haut la cloche tinte ;
L’homme jette, entre tous, sous le marteau fatal,
Une plus vive plainte.

Laisse-toi donc gémir, ô sombre voyageur !
Toi qui sors de la flamme ;
Je sais quels coups, lancés par le divin forgeur,
Font retentir ton âme.

Je sais, moi, le désert, moi, confident sacré
De tous les cœurs qui saignent,
Moi, l’écho toujours prêt du rêveur ignoré
Que les foules dédaignent,

Je sais ton mal secret ! Ta fierté cache un deuil ;
J’aperçois, quand tu railles,
Le renard acharné, sous ton manteau d’orgueil,
A ronger tes entrailles.

Je connais tout de toi, fautes et châtiment,
Illusions diverses ;
O fier vaincu ! je sais s’ils coulent justement
Tous les pleurs que tu verses.