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espérer) de nombreux pierriers et des mangonneaux, dont les bois ont été en peu de temps coupés et dressés, et qui lancent contre les murailles des pierres et des quartiers de roc roulant dans les airs. Et afin que les dards, les traits et les flèches, lancés avec force du haut de ces murailles, ne viennent pas blesser sans cesse les ouvriers et manœuvres, qui, transportant des projectiles, sont exposés à l’atteinte de ceux des ennemis, on construit entre ceux-ci et les remparts une palissade de moyenne hauteur, formée de claies et de pieux unis par l’osier flexible, afin que cette palissade, protégeant les travailleurs, reçoive les premiers coups et repousse les traits trompés dans leur direction. D’un autre côté, on fabrique des tours, que l’on nomme aussi beffrois, à l’aide de beaucoup d’arbres et de chênes tout verts que la doloire n’a point travaillés et dont la hache seule a grossièrement enlevé les branchages ; et ces tours, construites avec les plus grands efforts, s’élèvent dans les airs à une telle hauteur que la muraille opposée s’afflige de se trouver si fort au-dessous d’elles….

« A l’extrémité de la Roche et dans la direction de l’est (sud-est) était une tour élevée (la tour A, fig. 2), flanquée des deux côtés par un mur qui se terminait par un angle saillant au point de sa jonction. Cette muraille se prolongeait sur une double ligne depuis le plus grand des ouvrages avancés (la tour A) et enveloppait les deux flancs de l’ouvrage le moins élevé[1]. Or voici par quel coup de vigueur nos gens parvinrent à se rendre d’abord maîtres de cette tour (A). Lorsqu’ils virent le fossé à peu près comblé, ils y établirent leurs échelles et y descendirent promptement. Impatientés de tout retard, ils transportèrent alors leurs échelles vers l’autre bord du fossé, au-dessous duquel se trouvait la tour fondée sur le roc. Mais nulle échelle, quoiqu’elles fussent assez longues, ne se trouva suffisante pour atteindre au pied de la muraille, non plus qu’au sommet du rocher, d’où partait le pied de la tour. Remplis d’audace, nos

  1. Il s’agit ici, comme on le voit, de tout l’ouvrage avancé, dont deux murailles, formant un angle aigu au point de leur réunion avec la tour principale A, vont en déclinant suivant la pente du terrain.