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causes. Par exemple, il est impossible qu’un champ électrique, grandeur dirigée non superposable à son image dans un miroir perpendiculaire à sa direction, se produise perpendiculairement au plan de symétrie d’un milieu ; un champ magnétique le pourra au contraire.

Proche parent des deux précédent, ce principe, comme eux, limite le champ du possible et commence à préciser notre notion de l’univers.

Étant donnée leur extrême généralité, on conçoit la souplesse de ces principes et la fertilité de leurs applications, qui devient surtout lumineuse quand on les a dégagés des langes mécaniques dans lesquels ils ont peut-être grandi et dans lesquels on les présente encore trop souvent. Leur application aux phénomènes chimiques, l’œuvre glorieuse de Gibbs, a renouvelé cette partie de la science et la répercussion semble tarder beaucoup à se faire sentir jusque dans l’enseignement auquel elle permet de donner une clarté et une unité singulières[1].

Mais, nécessaires, ces principes ne sont cependant pas suffisants et ne donnent qu’une souche sur laquelle les rameaux devront se développer, contrairement à ce que pensent les évangélistes modernes qui, perdant de vue l’origine du principe, font de l’énergie une idole nouvelle dont les incarnations multiples suffisent à tout représenter. Dans un article fameux paru en 1896 dans la Revue

  1. Voir à ce point de vue : Ostwald. Éléments de chimie inorganique, dont une traduction française paraît en ce moment à la librairie Gauthier-Villars.