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amples et plus lentes, semble jusqu’aujourd’hui être resté fidèle à sa tendance classique, spéculative et critique. Bien que les nouveaux programmes y doivent apporter de grandes améliorations, l’enseignement scientifique au lycée ne me paraît cependant répondre exactement à aucun des deux besoins dont je parlais plus haut, à cause surtout de son caractère à la fois dogmatique et fragmentaire. Je voudrais chercher avec vous dans quel sens il est possible de le rendre plus synthétique et plus vivant, satisfaisant à la fois aux exigences multiples de la culture et de l’action.

D’accord en cela avec cette conception qu’éduqquer c’est préparer à agir, je ne crois pas qu’il y ait lieu, en matière scientifique, d’établir côte à côte deux enseignements distincts, l’un spéculatif et l’autre pratique, l’un donnant l’esprit, l’autre donnant la lettre, l’un de méthode, l’autre de résultats. On restreint l’horizon, on perd des deux côtés en ne conservant pas un exact équilibre qui garde à l’enseignement des sciences son caractère propre et son utilité.

D’un côté, en effet, la valeur éducative de la science tient dans la découverte autant que dans l’effort qui permet d’y atteindre, dans l’énoncé des lois comme dans leur histoire, dans la perspective que leur ensemble donne sur la réalité, dans le contact intime avec les faits, comme dans la discipline qui sert à les obtenir. Ces deux faces de l’enseignement scientifique sont inséparables comme les deux termes d’une égalité, comme la question que la théorie pose par voie déductive est insépa-