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Page:Lamontagne-Beauregard - La moisson nouvelle, 1926.djvu/98

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LA MOISSON NOUVELLE


O vulgaires ! O vous qui détestez les vers,
Et tout ce qui grandit, et tout ce qui relève !
O vous qui regardez la beauté de travers,
Et dont l’esprit est un cachot où meurt le rêve !
Lac dormant et qui n’a ni surface ni fond,
Visage sans reflet, âme fausse et glacée,
Je ne craindrai jamais votre dédain profond :
On n’arrête pas la pensée !…

Riez, sombres esprits, riez obscurément,
Moquez-vous des chercheurs qui vont, levant la tête !
Le chien jappe ; la lune brille au firmament,
Et le jour glorieux jaillit de la tempête…
Que peut l’être rampant contre l’éternité ?
C’est pour nous que le ciel s’illumine et s’étoile…
Vous n’empêcherez pas notre âme de monter,
Car on n’éteint pas les étoiles !…