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Page:Lamontagne-Beauregard - La moisson nouvelle, 1926.djvu/87

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LA MOISSON NOUVELLE


Alors s’entr’ouvriront les lointains magnifiques
Contre lesquels s’abat l’aile de nos désirs…
Et Dieu multipliera dans nos cœurs pacifiques,
Ces bonheurs persistants qu’ils ne pouvaient saisir.
Alors nos pauvres yeux las de chercher sans trêve
Dans l’espace muet l’art et la vérité,
Pourront voir, au milieu des brumes de leur rêve,
Paraître ton visage immuable, ô Beauté !

Alors tu nous appelleras à toi. Tes voiles,
Deviendront le berceau de celui qui t’aimait :
Le poète qui tord ses bras vers les étoiles,
Le peintre, le savant, amoureux du sommet ;
L’artiste génial qui porte en sa poitrine
Le nostalgique ennui d’un univers captif,
Et cet humble sculpteur qui fit œuvre divine,
Patiemment, avec la lame d’un canif…