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Page:Lamontagne-Beauregard - La moisson nouvelle, 1926.djvu/84

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LA MOISSON NOUVELLE


Cet art vous revient-il de quelqu’obscur artiste,
Un homme au doux visage, un ancêtre lointain,
Qui traçait sur le tronc des arbres, seul et triste,
La forme d’un beau lys s’ouvrant dans le matin ?…

Avez-vous hérité de l’âme d’un ancêtre,
Un poète songeur, au rêve illimité,
Qui s’accoudait longtemps le soir, à la fenêtre,
Et rêvait tout l’hiver aux charmes de l’été ?…

Etes-vous un très vieux génie en qui sommeille
Le brûlant souvenir d’un beau ciel étranger,
Et ne seriez-vous pas l’amoureux de Mireille,
Qui fit de son couteau la « coupe du berger » ?…