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Page:Lamontagne-Beauregard - La moisson nouvelle, 1926.djvu/55

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LA MOISSON NOUVELLE


III


Quand il neige, et qu’à mes regrets je m’abandonne,
— Ah ! que l’âme de mes ancêtres me pardonne !
Je rêve à ces pays séduisants et divers.
Où l’on ne voit jamais sévir les longs hivers,
Où le souffle embaumé qui passe sur les rives
Transporte la chanson des colombes plaintives,
Et quand sur mon pays le soir, soudain, descend, « 
Redoutant les assauts de l’hiver menaçant,
Je me meurs d’écouter la flûte sur les lèvres,
Là-bas, dans un pays où vont en paix les chèvres,
Entre les verts sentiers où les pommiers neigeant
Mettent sur leur dos gris une averse d’argent,
Je me meurs d’écouter la chanson amoureuse
Du merle qui gazouille en la forêt ombreuse,
Et d’entendre, parmi les parfums d’oranger,
Au loin, la voix plaintive et tendre d’un berger !…