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Page:Lamontagne-Beauregard - La moisson nouvelle, 1926.djvu/18

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LA MOISSON NOUVELLE


Sur la mer les bateaux s’en vont, deux, trois ensemble,
Immaculés et comme incorporés à l’air,
Si blancs que leur voilure imprécise nous semble
L’aile d’un grand oiseau perdu dans le ciel clair !…

Des senteurs de foin vert, des murmures étranges,
Vont à l’assaut des toits, des seuils, des escaliers.
Par les portes on croit voir sourire les granges,
Et les greniers ont des échos particuliers…

Les habitants heureux interrogent la plaine,
Parlent de leurs travaux, se jettent le bonsoir,
Cependant que la nuit couvre de son haleine
Le chemin où les bœufs s’en reviennent le soir…