Page:Lamirault - La Grande encyclopédie, inventaire raisonné des sciences, des lettres et des arts, tome 13.djvu/370

Cette page n’a pas encore été corrigée


CREUSE

348

nombreux (7,649) ; puis viennent ceux de à 7 hect. (2,884), ceux de 7 à 8 hect. (2,468), ceux de 20 à 30 hect. ("2,079) et ceux de 8 à 9 hect. (2,016) ; enfin ceux de 9 à 10 hect. (1,7-21). La grande propriété comprend 834 domaines de 30 à 75 hect. ; 346 de 75 à 100 hect. ; 298 de 100 à 200 hect. et 65 au-dessus de 200 hect. Au point de vue de la superficie, la petite propriété couvre 119,262 hect. ; la moyenne propriété, 284,754 hect., et la grande propriété, 138,374 hect., soit en tout 542,390 hect. La catégorie qui occupe la plus grande superficie est la propriété moyenne de 10 à 20 hect. (■106,278 hect.) ; puis la grande propriété de 50 à 75 hect. (51,521 hect.) ; puis vient la moyenne propriété de 20 à 30 hect. (50,280 hect.) ; puis la grande propriété de 100

200 hect. (38,964 hect.) et la moyenne propriété de 30

à 40 hect. (31,913 hect.). On voit que l’étendue de la grande propriété n’est guère que le quart de l’étendue de la propriété totale.

Agbiculture. — Le sol de la Creuse, formé de roches granitiques et de terrains primitifs, n’est pas très favorable à l’agriculture : il est pauvre, peu profond et peu fertile ; en effet, le territoire est assez élevé et l’on n’y trouve guère de terrains étendus ; les vallées sont en général étroites, d’une profondeur de 300 ou 400 m. En outre, an S. du département, on rencontre des landes que l’on peut difficilement cultiver et dont le sol est stérile et léger ; sur les 556,830 hect. que compte le département, 269,782 sont en terres labourables, 67,542 en prés naturels, 67,089 en herbages pâturés permanents ; les prairies naturelles et ces pâturages favorisent l’élevage du bétail ; aussi, tandis que la quantité d’hectolitres de froment produit par le département est insuffisante pour la consommation de ses habitants, l’élevage du bétail est-il la source de revenus principale des agriculteurs. Les terres les plus fertiles de la Creuse se trouvent au N. de son territoire, près du dép. de l’Indre, sur la limite du dép. de la Haute-Vienne ; au N.-E., dans le cant. de Chambon, on trouve encore des terres assez productives arrosées par la Tardes et la Vouise. La vigne est peu cultivée et n’existe pour ainsi dire pas. On compte les bois et forêts pour 36,093 hect. dans le total général, les landes et les terrains incultes occupent 95,861 et enfin 1,053 hect. sont couverts par des vergers et 304 par des jardins de plaisance et des parcs. On comptait dans le département, en 1888 : 6,662 chevaux, 7,128 ânes ; 150 mulets, 186,336 bœufs, taureaux, vaches, génisses et veaux, 778,154 moutons tant de races du pays que de race perfectionnée, 61,952 porcs, 14,609 chèvres et 27,015 ruches d’abeilles. Les produits de ces animaux s’élevaient à 10,910 quintaux de laine et 970,614 hectol. de lait ; la cire d’abeilles donnait 16,302 kilogr. et leur miel 53,529 kilogr. Les animaux domestiques du département sont peu remarquables : les chevaux de race limousine sont assez peu nombreux ; on les emploie volontiers pour la cavalerie légère ; les ânes sont d’une race petite ainsi que les mulets dont on compte un très petit nombre ; les bêtes à cornes sont nombreuses ; on en compte environ 31 par kil. q. ; elles sont de taille moyenne et d’une race assez estimée : elles servent en partie à l’alimentation de Paris ; le beurre que donnent les vaches de Guéret est très apprécié. Les moutons sont fort nombreux : on en compte environ 169 par kil. q., ce qui fait que la Creuse est le dép. qui par rapport à l’étendue de son territoire possède le plus de moutons. Ces moutons ont une chair assez délicate ; leur laine est de qualité moyenne. Enfin les porcs, engraissés dans toutes les fermes de la Creuse, donnent lieu à un commerce d’exportation important. La principale récolte du département est le seigle ; après lui viennent l’avoine, le sarrasin et les pommes de terre. On trouvera d’ailleurs dans le tableau suivant la superficie occupée par les diverses cultures avec leurs rendements pour l’année 1888.

CULTURES

SUPERITCIE

RENDEMENT

Froment

hectares

20.639

77.51.3

21

3.455

16.352

20.059

128

19.101

1.202

1.700

13.405

202

108.476

29

hectolitres

312.515

1.044.429

371

54.652

288.571

424.873

1.811

quintaux

2.023.592

177.706

9.289

764.813

9.345

2.945.929

hectolitres

16.052

249

Méteil

Colza

Betteraves four-

ragères

Luzerne

Cidre

On sème les céréales sur les terrains en pente : le froment le plus apprécié est celui que l’on trouve à Boussac. 11 ne faut pas oublier non plus l’une des cultures les plus répandues dans la Creuse : celle de la rabole, sorte de navet rond, qui est excellent, et sert principalement à la nourriture des bestiaux. Les prairies sont de peu d’étendue, mais il en est de réputées aux environs de Guéret, d’Ahun, de Felletin, d’Auzances, de Jarnage, dont les prés sont excellents et contiennent de nombreux arbres fruitiers : on trouve surtout des noyers, des châtaigniers, ressource précieuse pour les habitants pendant l’hiver ; des cerisiers nombreux ; les pêchers, les abricotiers, les poiriers, les pommiers sont aussi cultivés, mais s’y trouvent en moins grand nombre : les fruits à pépin du cant. de Sainte-Peyre sont réputés.

On peut s’étonner que dans le département les terres cultivables occupent un espace hors de proportion avec la richesse apparente du pays. Cela tient à une particularité assez curieuse : le pays n’est pas assez riche pour nourrir ses habitants ; ses céréales sont insuffisantes pour la consommation ; il n’a pas de vigne, partant pas de vin, et, pour remplacer le vin, ni cidre, ni bière ; un grand nombre d’objets sont importés des départements voisins et amènent une grande perte de numéraire pour les habitants. Aussi, tous les ans, depuis un temps immémorial, un certain nombre de Creusois émigrent ; on compte actuellement environ 33,000 hab. qui s’éloignent pendant huit à neul mois de l’année et vont travailler soit à Paris soit dans les grandes villes comme maçons, charpentiers, tailleurs de pierre, tuiliers, couvreurs, peintres en bâtiments, peigneurs de chanvre, scieurs de long, etc. Les ouvriers de l’arr. d’Aubusson se dirigent surtout vers les dép. de la Seine, du Rhône, de la Loire, du Cher, de la Nièvre, de l’Yonne, de la Cùte-d’Or, de la Vendée, du Puy-de-Dôme, de la Charente-Inférieure , de Saône-et-Loire, de l’Allier, du Jura ; ceux de l’arr. de Bourganeuf vers les dép. de la Seine, du Rhône, de Seine-et-Marne ; ceux de l’arr. de Boussac vers les dép. de la Seine, du Cher, de la Nièvre, de l’Allier, du Loiret et de l’Indre ; ceux de l’arr. de Guéret vers les dép. de la Seine, du Loiret, de Seine-et-Marne, de l’Yonne, du Cher, de la Côte-d’Or, du Rhône, delà Vendée, de la Nièvre, de l’Indre, de l’Allier et du Loir-et-Cher. M. de Partouneaux, ancien secrétaire général du département, a dressé la statistique de ces voyages. Les ouvriers qui sont partis au mois de mars reviennent aux premiers froids ; ils rapportent leurs économies, évaluées à 4 ou 5 millions de francs qu’ils emploient à l’achat de propriétés rurales. Il part des ouvriers et des maitres, environ un maitre par vingt-trois ouvriers : le bénéfice moyen rapporté par les maitres est évalué à 300 fr., celui des ouvriers à 1 64 fr. Ils voyagent par groupe de quatre à douze et restent autant que possible associés pour leurs travaux.