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LE MANDARIN.

moi, sur l’heure, ce que vous en pensez.

— Bien des choses.

— Lesquelles, de grâce…

— N’insistez pas, je regretterais d’avoir émis une opinion légère sur le compte de cet homme.

Puis, se laissant aller au cours de ses réflexions, Didier ajouta tristement :

— Depuis dix mois, le Solitaire accapare exclusivement l’attention si mobile du monde parisien. Affublez-vous d’oripeaux, mettez votre perruque de travers, montez a contre-sens sur le dos d’un âne, faites habilement quelques pirouettes, et voilà toute une capitale en émoi ! Mais gardez-vous d’user vos yeux à cher cher une lumière nouvelle, vous n’intéresseriez personne.

— Qu’est-ce que le Solitaire ? redemanda Pé-Kang d’une voix pressante. Bien cher monsieur, vous savez que je partage toutes vos idées sur l’inconsistance des jugements de la masse ; mais qu’est-ce que le Solitaire ?

Didier se prit à sourire et répondit :

— C’est… un original.