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amitié que nous avons commencé à ressentir avec tant d’ardeur pour les Maronites, pendant notre séjour à Chypre, où ils sont établis, s’est encore augmentée. Nous sommes persuadé que cette nation, que nous trouvons établie sous le nom de saint Maron, est une partie de la nation française, car son amitié pour les Français ressemble à l’amitié que les Français se portent entre eux. En conséquence, il est juste que vous et tous les Maronites jouissiez de la même protection dont dont les Français jouissent près de nous, et que vous soyez admis dans les emplois comme ils le sont eux-mêmes. Nous vous invitons, illustre émir, à travailler avec zèle au bonheur des habitants du Liban, et à vous occuper de créer des nobles parmi les plus dignes d’entre vous, comme il est d’usage de le faire en France. Et vous, seigneur patriarche, seigneurs évêques, tout le clergé ; et vous, peuple maronite, ainsi que votre noble émir, nous voyons avec une grande satisfaction votre ferme attachement à la religion catholique et votre respect pour le chef de l’Église, successeur de saint Pierre à Rome ; nous vous engageons à conserver ce respect, et à rester toujours inébranlables dans votre foi. Quant à nous et à ceux qui nous succéderont sur le trône de France, nous promettons de vous donner, à vous et à votre peuple, protection comme aux Français eux-mêmes, et de faire constamment ce qui sera nécessaire pour votre bonheur.

» Donné près Saint-Jean d’Acre, le vingt et unième jour de mai douze cent cinquante, et de notre règne le vingt-quatrième. »