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les plus simples et les plus imparfaits des végétaux et des animaux.

Cependant, il y a tant d’observations constatées, tant de faits connus qui semblent indiquer que la nature forme encore des générations directes ailleurs qu’au commencement précis des échelles animale et végétale, et l’on sait qu’elle a tant de ressources, et qu’elle varie tellement ses moyens, selon les circonstances, qu’il se pourroit que mon opinion, qui borne la possibilité des générations directes aux points où se trouvent les végétaux et les animaux les plus imparfaits, ne fût pas fondée.

En effet, dans différens points de la première moitié de l’échelle, soit végétale, soit animale, au commencement même de certaines branches séparées de ces échelles, pourquoi la nature ne pourroit-elle donner lieu à des générations directes, et, selon les circonstances, établir dans ces diverses ébauches de corps vivans, certains systèmes particuliers d’organisation, différens de ceux que l’on observe aux points où l’échelle animale et l’échelle végétale paroissent commencer ?

N’est-il pas présumable, comme de savans naturalistes l’ont déjà pensé, que les vers intestins, qu’on ne trouve jamais ailleurs que dans le corps des autres animaux, y sont des générations directes de la nature ; que certaines vermines qui