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de la chaleur, et cette dernière, que l’on a justement regardée comme la mère de toutes les générations, répandent au moins sur notre globe, le principe de l’organisation et du sentiment ; et comme le sentiment, à son tour, donne lieu aux actes de la pensée, par suite des impressions multipliées que les objets intérieurs et extérieurs exercent sur son organe, par le moyen des sens, on doit reconnoître dans ces bases l’origine de toute faculté animale.

Cela étant ainsi, peut-on douter que la chaleur, cette mère des générations, cette âme matérielle des corps vivans, ait pu être le principal des moyens qu’emploie directement la nature, pour opérer sur des matières appropriées une ébauche d’organisation, une disposition convenable des parties ; en un mot, un acte de vitalisation analogue à celui de la fécondation sexuelle ?

Non-seulement la formation directe des corps vivans les plus simples a pu avoir lieu, comme je vais le démontrer ; mais la considération suivante prouve qu’il est nécessaire que de pareilles formations s’opèrent et se répètent continuellement, dans les circonstances qui s’y trouvent favorables, sans quoi l’ordre de choses que nous observons ne pourroit exister.

J’ai déjà fait voir que les animaux des premières classes (les infusoires, les polypes et les