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Mais comme il arrivera tôt ou tard que des hommes indépendans des préjugés, même de ceux qui sont le plus généralement répandus, et profonds observateurs de la nature, pourront entrevoir les vérités que cette proposition renferme, je désire de pouvoir contribuer à les leur faire apercevoir.

Je crois avoir prouvé, par le rapprochement des faits analogues, que la nature, dans certaines circonstances, imite ce qui se passe dans la fécondation sexuelle, et opère elle-même la vie dans des masses isolées de matières qui se trouvent dans un état propre à la recevoir.

En effet, pourquoi la chaleur et l'électricité qui, dans certaines contrées et dans certaines saisons, se trouvent si abondamment répandues dans la nature, surtout à la surface du globe, n’y opéreroient-elles pas sur certaines matières qui se rencontrent dans un état et des circonstances favorables, ce que la vapeur subtile des matières fécondantes exécute sur les embryons des corps vivans qu’elle rend propres à jouir de la vie ?

Un savant célèbre (Lavoisier, Chimie, tom. I, p. 202) a dit, avec raison, que Dieu, en apportant la lumière, avoit répandu sur la terre le principe de l’organisation, du sentiment et de la pensée.

Or, la lumière, que l’on sait être génératrice