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Qu’est-ce, en effet, que la génération sexuelle, si ce n’est un acte qui a pour but d’opérer la fécondation ; et ensuite, qu’est-ce que la fécondation elle-même, si ce n’est un acte préparatoire de la vie ; en un mot, un acte qui dispose les parties d’un corps à recevoir la vie et à en jouir ?

L’on sait que dans un œuf qui n’a point été fécondé, on trouve néanmoins un corps gélatineux qui, à l’extérieur, ressemble parfaitement à un embryon fécondé, et qui n’est autre que le germe qui existe déjà dans cet œuf, quoiqu’il n’ait point reçu de fécondation.

Cependant, qu’est-ce que le germe d’un œuf qui n’a reçu aucune fécondation, si ce n’est un corps presque inorganique, un corps non préparé intérieurement à recevoir la vie, et auquel l’incubation la plus complète ne pourroit la communiquer ?

C’est un fait généralement connu, que tout corps qui reçoit la vie, ou qui reçoit les premiers traits de l’organisation qui le préparent à la possession de la vie, est alors nécessairement dans un état gélatineux ou mucilagineux ; en sorte que les parties contenantes de ce corps ont la plus foible consistance, la plus grande flexibilité, et sont, conséquemment, dans le plus grand état de souplesse possible.