Page:Lamarck - Philosophie zoologique 2.djvu/73

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


la nutrition, amène le terme de l’accroissement, et finit par opérer la mort de l’individu.

Ainsi, dès que la nature est parvenue à faire exister la vie dans un corps, la seule existence de la vie dans ce corps, quoiqu’il soit le plus simple en organisation, y fait naître les trois facultés que je viens de citer ; et ensuite sa durée dans ce même corps en opère, par degrés, la destruction inévitable.

Mais nous verrons que la vie, surtout lorsque les circonstances y sont favorables, tend sans cesse, par sa nature, à composer l’organisation ; à créer des organes particuliers ; à isoler ces organes et leurs fonctions ; et à diviser et multiplier ses divers centres d’activité. Or, comme la reproduction conserve constamment tout ce qui a été acquis, de cette source féconde sont sortis, avec le temps, les différens corps vivans que nous observons ; enfin, des résidus qu’ont laissé chacun de ces corps après avoir perdu la vie, sont provenus les différens minéraux qui nous sont connus. Voilà comment tous les corps naturels sont réellement des productions de la nature, quoiqu’elle n’ait donné directement l’existence qu’aux corps vivans les plus simples.

La nature n’établit la vie que dans des corps