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animaux les plus simples en organisation, tels que les infusoires, et, surtout, parmi eux, les monades ; ni que les végétaux les plus simples, tels, peut-être, que les byssus de la première famille des algues, provinssent tous d’individus semblables qui les auroient produits ; mais, en outre, il y a des observations qui tendent à prouver que ces animaux et ces végétaux extrêmement petits, transparens, d’une substance gélatineuse ou mucilagineuse, presque sans consistance, singulièrement fugaces, et aussi facilement détruits que formés, selon les variations de circonstances qui les font exister ou périr, ne peuvent laisser après eux des gages inaltérables pour de nouvelles générations. Il est, au contraire, bien plus probable que leurs renouvellemens sont des produits directs des moyens et des facultés de la nature à leur égard, et qu’eux seuls, peut-être, sont dans ce cas. Aussi verrons-nous que la nature n’a participé qu’indirectement à l’existence de tous les autres corps vivans, les ayant fait successivement dériver des premiers, en opérant peu à peu, à la suite de beaucoup de temps, des changemens et une composition croissante dans leur organisation, et en conservant toujours, par la voie de la reproduction, les modifications acquises et les perfectionnemens obtenus.