Page:Lamarck - Philosophie zoologique 2.djvu/69

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


pour les modernes, le motif ou la cause d’une autre erreur, lorsqu’ils eurent reconnu la première.

En effet, à mesure que l’on sentit la nécessité de recueillir des faits, et d’observer, avec précision, ce qui a véritablement lieu à cet égard, on parvint à découvrir l’erreur où les anciens étoient tombés : des hommes célèbres par leur mérite et leurs talens d’observation, tels que Rhedi, Leuwenoek, etc., prouvèrent que tous les insectes, sans exception, sont ovipares, ou quelquefois en apparence vivipares ; qu’on ne voit jamais paroître des vers sur la viande corrompue, que lorsque des mouches ont pu y déposer leurs œufs ; enfin, que tous les animaux, quelque imparfaits qu’ils soient, ont les moyens de se reproduire et de multiplier eux-mêmes les individus de leur espèce.

Mais, malheureusement pour les progrès de nos lumières, nous sommes presque toujours extrêmes dans nos jugemens, comme dans nos actions ; et il ne nous est que trop commun d’opérer la destruction d’une erreur, pour nous jeter ensuite dans une erreur opposée. Que d’exemples je pourrois citer à cet égard, même dans l’état actuel des opinions accréditées, si ces détails n’étoient étrangers à mon objet !

Ainsi, de ce qu’il fût prouvé que tous les animaux,