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peu composée, qu’ils nommèrent, par cette raison, animaux imparfaits, étoient tous les résultats de ces générations spontanées.

Enfin, comme à ces époques l’histoire naturelle n’avoit fait presque aucun progrès, et qu’on n’avoit observé que très-peu de faits relatifs aux productions de la nature, les insectes et tous les animaux que l’on désignoit alors sous le nom de vers, étoient regardés généralement comme des animaux imparfaits qui naissent, dans les temps et les lieux favorables, du produit de la chaleur et de la corruption de diverses matières.

On croyoit alors que la chair corrompue engendroit directement des larves qui, par la suite, se métamorphosoient en mouches ; que le suc extravasé des végétaux qui, à la suite de certaines piqûres d’insectes, donne lieu aux noix de galle, produisoit directement les larves qui se transforment en cinips, etc., etc. ; ce qui est tout-à-fait sans fondement.

Ainsi, l’erreur des anciens, relative à une fausse application qu’ils firent des générations directes de la nature, c’est-à-dire, de la faculté qu’elle a de créer les premières ébauches de l’organisation et les premiers actes de la vie, se propageât et se transmît d’âge en âge, fut étayée par les faits mal jugés que je viens de citer, et devint,