Page:Lamarck - Philosophie zoologique 2.djvu/67

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


opérées directement par la nature, et non formées par des individus d’espèce semblable : ils les nommèrent assez improprement générations spontanées ; et comme ils s’aperçurent que la décomposition des matières, soit végétales, soit animales, fournissoit à la nature des circonstances favorables à la création directe de ces corps nouvellement doués de la vie, ils supposèrent, mal à propos, qu’ils étoient le produit de la fermentation.

Je puis montrer qu’il n’y eut point d’erreur de la part des anciens, lorsqu’ils attribuèrent à la nature la faculté d’opérer des générations directes ; mais qu’ils en commirent une des plus évidentes, en appliquant cette vérité morale à quantité de corps vivans qui ne sont et ne peuvent être nullement dans le cas de participer à cette sorte de génération.

En effet, comme alors on n’avoit pas suffisamment observé ce qui se passe relativement à ce sujet, et que l’on ignoroit que la nature, à l’aide de la chaleur et de l’humidité, ne crée directement que les premières ébauches de l’organisation, et particulièrement que celles des corps vivans qui commencent, soit l’échelle animale, soit l’échelle végétale, soit, peut-être, certaines de leurs ramifications ; les anciens dont je parle pensèrent que les animaux à organisation