Page:Lamarck - Philosophie zoologique 2.djvu/468

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


branches où se trouvent les plus imparfaits, les premiers de chacune de ces branches ne reçoivent l'existence que par génération directe ou spontanée.

Une raison puissante nous empêche de reconnoître les changemens successivement opérés, qui ont diversifié les animaux connus, et les ont amenés à l'état où nous les observons ; c'est que nous ne sommes jamais témoins de ces changemens. Ainsi, nous observons les opérations faites ; mais ne les voyant jamais s'exécuter, nous sommes naturellement portés à croire que les choses ont toujours été telles que nous les voyons, et non qu'elles se sont effectuées progressivement.

Parmi les changemens que la nature exécute sans cesse dans toutes ses parties, sans exception, son ensemble et ses lois restant toujours les mêmes, ceux dont ces changemens qui, pour s'opérer, n'exigent pas beaucoup plus de temps que la durée de la vie humaine, sont facilement reconnus de l’homme qui les observe ; mais il ne sauroit s'apercevoir de ceux qui ne s'exécutent qu’à la suite d'un temps considérable.

Que l’on me permette la supposition suivante pour me faire entendre.

Si la durée de la vie humaine ne s'étendoit qu'à la durée d'une seconde, et s'il existoit une de nos pendules actuelles, montée et en mouvement,