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Il y a donc aussi chez les animaux, qui possèdent un organe spécial pour l’intelligence, différens degrés dans la rectitude des jugemens, et, conséquemment, différens degrés de raison.

Sans doute, le degré le plus élevé de la raison donne à l’homme, qui en est doué, la perception de la convenance ou de l’inconvenance, soit de ses propres idées ou de ses opinions, soit des idées ou des opinions des autres ; mais cette perception, qui est un jugement, n’est pas le propre de tous les hommes. à la place de cette juste perception, qui résulte d’une intelligence très-exercée, ceux qui ne la possèdent pas, y en substituent une fausse ; et comme celle-ci est le résultat de leurs moyens, ils la croient juste. De là, cette diversité d’opinions et de jugemens dans les individus de l’espèce humaine, laquelle s’opposera toujours à ce qu’il y ait un accord réel entre les idées et les jugemens de ces individus, par la raison que les hommes se trouvant chacun dans des circonstances fort différentes, ne peuvent, par conséquent, arriver au même degré de raison.

maintenant, si nous comparons la raison avec l'instinct, nous verrons que la première, dans un degré quelconque, donne lieu à des déterminations d’agir qui prennent leur source dans des actes d’intelligence, c’est-à-dire, dans des idées, des pensées et des jugemens ; et que l'instinct, au