Page:Lamarck - Philosophie zoologique 2.djvu/45

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


parties souples des animaux, et y produit une tension ou une espèce d’éréthisme. Or, si une impression quelconque vient à s’opérer sur telle de ces parties, et qu’elle y provoque une dissipation subite du fluide invisible qui la distendoit, aussitôt cette partie s’affaisse et se contracte : mais si, dans l’instant même, une nouvelle quantité du fluide expansif se développe et vient la distendre de nouveau, alors elle réagit aussitôt, et produit ainsi le phénomène de l'irritabilité.

Enfin, comme les parties voisines du point affecté éprouvent elles-mêmes une légère dissipation du fluide expansif qui les distendoit, leur affaissement et leur rétablissement étant alternatifs, les mettent dans un état de tremblotement très-passager.

Ainsi, une contraction subite de la partie affectée, suivie d’une distension pareillement subite qui rétablit cette partie dans son premier état, constitue le phénomène local de l'irritabilité.

Le phénomène dont il s’agit n’exige nullement, pour se produire, l’action d’aucun organe spécial, car l’état des parties et la cause qui le provoque suffisent seuls à sa production ; et, en effet, on l’observe dans les organisations animales les plus simples : aussi, l’impression qui donne lieu à ce phénomène n’est transportée par aucun organe particulier à aucun centre de rapport, à