Page:Lamarck - Philosophie zoologique 2.djvu/448

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


sède un organe pour l’entendement, qui a des idées, et qui exécute des jugemens, a nécessairement un degré quelconque de raison, selon son espèce, son âge, ses habitudes, et selon différentes circonstances qui concourent à retarder, ou à avancer, ou à rendre stationnaires ses progrès dans la rectitude de ses jugemens.

Comme l'attention donnée aux objets qui produisent en nous des sensations, est la seule cause qui fait que ces sensations peuvent occasionner en nous des idées ; il est évident que plus, par suite de l’exercice de cette faculté, nous nous rendons capables d’attention, et surtout d’une attention soutenue et profonde, plus nos idées deviennent claires, sont justement limitées, et plus les jugemens que nous formons avec de pareilles idées ont de rectitude.

il suit de là, que le degré de raison le plus élevé, est celui qui provient d’une grande clarté dans les idées, et d’une rectitude, presque générale, dans les jugemens.

L’homme beaucoup plus capable qu’aucun autre être intelligent, de cette attention profonde et soutenue, et pouvant la fixer sur un grand nombre d’objets différens, est le seul qui puisse avoir une multitude, presque infinie, d’idées claires, et qui forme, par conséquent, des jugemens doués de la rectitude la plus générale ; mais il faut, pour