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à l’égard de ces objets, se rectifient graduellement.

De là, la différence considérable qui existe entre les jugemens de l’enfance et ceux de la jeunesse ; de là, encore, la différence qui se trouve entre les jugemens d’un jeune homme de vingt ans et ceux d’un homme de quarante ou davantage, l’intelligence, de part et d’autre, ayant toujours été également exercée.

Le plus ou le moins de rectitude dans nos jugemens sur toute chose, et particulièrement sur les objets ordinaires de la vie, et de nos relations avec nos semblables, constituant le plus ou le moins de raison que nous possédons, cette qualité n’est donc qu’un degré quelconque acquis dans la rectitude des jugemens dont il s’agit ; et comme les circonstances dans lesquelles chacun se trouve, les habitudes, le tempérament, etc., etc., entraînent une grande diversité dans l’exercice de l’entendement, c’est-à-dire, dans la manière de penser, d’examiner et de juger, il y a donc des différences réelles entre les jugemens qui sont formés.

Ainsi, la raison n’est point un objet particulier, un être quelconque que l’on puisse posséder ou ne pas posséder ; mais c’est un état de l’organe de l’entendement, duquel résulte un degré plus ou moins grand dans la rectitude des jugemens de l’individu ; en sorte que tout être qui pos-