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tes de l’habitude de juger presque toujours d’après les autres, des causes nombreuses et différentes concourent à altérer les jugemens, c’est-à-dire, à rendre moins parfaite leur rectitude.

Les unes de ces causes tirent leur origine de l’imperfection même des comparaisons exécutées, et de la préférence que, selon les lumières, le goût particulier, et l’état individuel, l’on donne à telle idée sur telle autre ; en sorte que les véritables élémens qui entrent dans la formation de ces jugemens sont incomplets. Il n’y a, dans tous les temps, qu’un petit nombre d’hommes qui, susceptibles d’une attention profonde, et à force de s’être exercés à penser, et d’avoir mis à profit l’expérience, puissent se soustraire à ces causes d’altérations dans leurs jugemens.

Les autres, auxquelles il est difficile d’échapper, prennent leur source : 1°. dans l’état même de notre organisation qui altère les sensations dont nous nous formons des idées ; 2°. dans l’erreur où nous entraînent souvent certaines de nos sensations ; 3°. dans les influences que nos penchans, nos passions mêmes exercent sur notre sentiment intérieur, le portant à donner aux mouvemens qu’il imprime à notre fluide nerveux, des directions différentes de celles qu’il leur auroit données sans ces influences, etc., etc.

Ayant déjà traité de ce qui concerne le ju-