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s’il eut su reconnoître que les sensations ne donnent pas nécessairement des idées, mais de simples perceptions, ce qui est très-différent ; enfin, s’il eut distingué ce qui appartient à l’irritabilité des parties, de ce qui est le produit de la sensation ; quelles lumières son intéressant ouvrage ne nous eût-il pas procurées ! Néanmoins, c’est dans cet ouvrage que l’on puisera les meilleurs moyens d’avancer cette partie des connoissances humaines dont il est ici question, à cause de la foule de faits et d’observations qu’il renferme. Mais je suis convaincu que ces moyens ne seront utilement employés, que lorsqu’on aura fixé ses idées sur les distinctions essentielles présentées, soit dans ce chapitre, soit dans les autres, qui composent cette Philosophie zoologique.

Si l’on prend en considération ce qui est exposé dans cet article, on se convaincra probablement :

1°. Que la mémoire a pour siége l’organe même de l’intelligence, et qu’elle n’offre, dans ses opérations, que des actes qui rappellent des idées déjà acquises, en nous les rendant sensibles ;

2°. Que les traits, ou les images, qui appartiennent à ces idées, sont nécessairement déjà gravés dans quelque partie de l’organe de l’entendement ;

3°. Que le sentiment intérieur, ému par une