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rentes idées qui s’y trouvent imprimées, et nous rend sensibles toutes ces idées, mais dans le plus grand désordre, les dénaturant le plus souvent par leur mélange entre elles, et par des jugemens altérés et bizarres.

Pendant le sommeil parfait, le sentiment intérieur ne recevant plus d’émotion, cesse, en quelque sorte, d’exister, et conséquemment ne dirige plus les mouvemens de la portion disponible du fluide nerveux. Aussi l’individu bien endormi est-il comme s’il n’existoit pas. Il ne jouit plus du sentiment, quoiqu’il en conserve la faculté ; il ne pense plus, quoiqu’il en ait toujours le pouvoir ; la portion disponible de son fluide nerveux est dans un état de repos ; et la cause productrice des actions (le sentiment intérieur) n’ayant plus d’activité, cet individu ne sauroit en exécuter aucune.

Mais si le sommeil est imparfait, par suite de quelque irritation interne qui excite de l’agitation dans la portion libre du fluide nerveux, le sentiment intérieur ne dirigeant point alors les mouvemens du fluide subtil dont il s’agit, les agitations de ce fluide qui s’exécutent dans les hémisphères du cerveau, y occasionnent des idées sans suite, ainsi que des pensées désordonnées et bizarres par le mélange d’idées sans rapport dont elles se composent, lesquelles forment les songes