Page:Lamarck - Philosophie zoologique 2.djvu/428

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


sensation de l’incendie y a imprimés ; et que la modification de mouvement, que notre fluide nerveux acquiert en traversant ces traits particuliers, se rapporte aussitôt à notre sentiment intérieur, et nous rend, dès lors, parfaitement sensible l’idée que nous cherchons à nous rappeler, quoique cette idée soit alors plus foiblement exprimée que lorsque l’incendie s’effectuoit sous nos yeux.

Nous nous rappelons ainsi une personne, ou un objet quelconque, que nous avons déjà vu et remarqué ; et nous nous rappelons de même les idées complexes que nous avons acquises.

Il est si vrai que nos idées sont des images, ou des traits caractéristiques, imprimés sur quelque partie de notre organe d’intelligence ; et que ces idées ne nous sont rendues sensibles, que lorsque notre fluide nerveux mis en mouvement, rapporte à notre sentiment intérieur la modification de mouvement qu’il a acquise en traversant ces traits ; que si, pendant notre sommeil, notre estomac se trouve embarrassé, ou si nous éprouvons quelqu’irritation intérieure, notre fluide nerveux reçoit, dans cette circonstance, une agitation qui se propage jusque dans notre cerveau. Il est aisé de concevoir que ce fluide, n’étant point alors dirigé, dans ses mouvemens, par notre sentiment intérieur, traverse sans ordre les traits de diffé-