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limitée, il a imaginé l’éternité, ou une durée sans limites ; lorsque s’étant formé l’idée d’un corps ou de la matière, il a imaginé l'esprit ou un être immatériel, etc., etc.

Il n’est pas nécessaire de montrer que tout produit de l’imagination qui n’offre pas le contraste d’une idée, soit simple, soit complexe, acquise, au moins originairement, par la voie des sensations, retrouve nécessairement son modèle dans cette idée. Que de citations je pourrois faire à l’égard des produits de l’imagination de l’homme, si je voulois montrer que partout où il a voulu créer des idées quelconques, ses matériaux ont toujours été les modèles des idées déjà acquises, ou les contrastes de ces idées !

Une vérité bien constatée par l’observation et l’expérience, c’est qu’il en est de l’organe d’intelligence comme de tous les autres organes du corps ; plus il est exercé, plus il se développe, et plus ses facultés s’étendent.

Ceux des animaux qui sont doués d’un organe pour l’intelligence, manquent néanmoins d'imagination ; parce qu’ils ont peu de besoins, qu’ils varient peu leurs actions, qu’ils n’acquièrent en conséquence que peu d’idées, et surtout parce qu’ils ne forment que rarement des idées complexes, et qu’ils n’en forment jamais que du premier ordre.