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aider la digestion, en le faisant refluer vers l’hypocéphale, c’est-à-dire, en vous livrant à une forte application, et à une suite de pensées qui exigent une attention profonde et soutenue ; vous nuisez alors à la digestion, et vous exposez votre santé.

Le soir, comme on est en quelque sorte épuisé par les diverses fatigues de la journée, surtout lorsqu’on n’est plus dans la vigueur de la jeunesse, la portion disponible du fluide nerveux est, en général, moins abondante, et est moins en état de fournir aux travaux suivis de la pensée : le matin, au contraire, après les réparations qu’un bon sommeil a procurées, la portion disponible du fluide nerveux est fort abondante ; elle peut fournir avantageusement et assez long-temps aux consommations qu’en font les opérations de l’intelligence, ou à celles que font les exercices du corps. Enfin, plus vous consommez votre fluide nerveux disponible aux opérations de l’intelligence, moins alors vous avez de faculté pour les travaux ou les exercices du corps, et vice versâ.

Il y a donc, par suite de ces causes et de beaucoup d’autres, des alternatives remarquables dans notre faculté, plus ou moins grande, d’exécuter une suite de pensées, de méditer, de raisonner, et surtout d’exercer notre imagination. Parmi ces causes, les variations de notre état physique,