Page:Lamarck - Philosophie zoologique 2.djvu/410

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


lorsqu’il excite cette action. Or, cet acte est une pensée quoique très-simple, et à la fois un acte de mémoire. Mais si, au lieu de se rendre sensible une seule idée, l’individu fait la même chose à l’égard de plusieurs, et exécute des opérations sur ces idées ; alors il forme des pensées moins simples, plus prolongées, et il peut opérer ainsi différens actes d’intelligence, enfin, une longue suite de ces actes.

La pensée est donc une action qui peut se compliquer d’un grand nombre d’autres semblables exécutées successivement, quelquefois presque simultanément, et embrasser un nombre considérable d’idées de tous les ordres.

Non-seulement la pensée embrasse, dans ses opérations, des idées existantes, c’est-à-dire, déjà tracées dans l’organe, mais, en outre, elle en peut produire qui n’y existoient pas. Les résultats des comparaisons, les rapports trouvés entre différentes idées, enfin, les produits de l’imagination sont autant d’idées nouvelles pour l’individu, que sa pensée peut faire naître, imprimer dans son organe, et rapporter de suite à son sentiment intérieur.

Les jugemens, par exemple, qu’on nomme aussi des conséquences, parce qu’ils sont les suites de comparaisons exécutées, ou de calculs terminés, sont à la fois des pensées et des actes subséquens de pensées.