Page:Lamarck - Philosophie zoologique 2.djvu/401

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


mal à varier les actes de son intelligence, à avancer le développement de l’organe qui les produit, et à acquérir, par nécessité, des idées étrangères à celles que ses besoins ordinaires produisent en lui. A cet égard, on connoît assez les résultats de l’éducation forcée que l’on donne à certains animaux.

Je suis donc fondé à dire que les animaux dont il s’agit, ne distinguent presque rien de tout ce qu’ils aperçoivent, et que tout ce qu’ils ne remarquent point est comme nul ou sans existence pour eux, quoique la plupart des objets qui les environnent agissent sur leurs sens.

Quel trait de lumière cette considération des facultés et de l’emploi de l'attention, ne jette-t-elle pas sur la cause qui fait que les animaux, qui possèdent les mêmes sens que l’homme, n’ont cependant qu’un si petit nombre d’idées, pensent si peu, et sont toujours assujettis aux mêmes habitudes !

Le dirai-je ! Que d’hommes aussi, pour qui presque tout ce que la nature présente à leurs sens, se trouve à peu près nul ou sans existence pour eux ; parce qu’ils sont à l’égard de ces objets sans attention comme les animaux ! Or, par suite de cette manière d’employer leurs facultés et de borner leur attention à un petit nombre d’objets qui les intéressent, ces hommes n’exercent que