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n’ayant rien aperçu de ce que vous aviez lu complétement ?

Dans une pareille circonstance, on donne à cet état de préoccupation de l’intelligence, le nom de distraction.

Mais si votre sentiment intérieur, ému par un besoin ou un intérêt quelconque, vient tout à coup à diriger votre fluide nerveux, sur le point de votre organe d’intelligence où se rapporte la sensation de tel objet que vous avez sous les yeux, ou de tel bruit qui frappe votre oreille, ou de tel corps que vous touchez ; alors votre attention préparant ce point de votre organe à recevoir la sensation de l’objet qui vous affecte, vous acquérez aussitôt une idée quelconque de cet objet, et vous en acquérez même toutes les idées que sa forme, ses dimensions, et ses autres qualités peuvent imprimer en vous, au moyen de différentes sensations, si vous y donnez une attention suffisante.

Il n’y a donc que les sensations remarquées, c’est-à-dire, que celles sur lesquelles l'attention s’est arrêtée, qui fassent naître des idées : ainsi, toute idée, quelle qu’elle soit, est le produit réel d’une sensation remarquée, en un mot, d’un acte qui prépare l’organe de l’intelligence à recevoir les traits caractéristiques de cette idée ; et toute sensation qui n’est point remarquée, c’est-à-dire,